Partager l'article ! C’est la grèèèève ! (mais les poissons exotiques ne le savent pas...): De retour des Grenadines, nous allons passer la nuit au joli mouilla ...
De retour des Grenadines, nous allons passer la nuit au joli mouillage de Sainte Anne, à l’entrée de la baie du Marin. Comme il nous faut effectuer les formalités douanières, nous devons aller à
la marina du Marin ou à Fort de France. Mais c’est l’arrivée de la Transquadra au port du Marin, course en solitaire ou en binôme réservée aux marins de 40 ans et plus, et celui-ci est
archi-bondé. Nous trouvons heureusement de la place au port de la Pointe du Bout dit aussi des Trois Ilets, dans la baie de Fort de France.
Bien amarrés au ponton B1 du port des 3 Ilets ce mardi 10 février, nous allons nous ravitailler à la superette du coin. Bizarre, bizarre, le magasin est presque vide... comme s’il allait fermer
pour changer de propriétaire : plus aucune boîtes de conserves, aucun laitages, seuls quelques produits ménagers se battent en duel. C’est ainsi que nous apprenons qu’une grève est déclenchée
depuis 5 jours…
Grève générale en Martinique mais aussi en Guadeloupe depuis 4 semaines pour eux. Ici, cela signifie que les pompes à essence sont prises d’assaut, avec des queues de centaines de mètres. Et bien
sûr, toutes les grandes enseignes alimentaires type Carrefour, Champion, ED, Leader Price et autres magasins sont fermés.
Nos réserves alimentaires sont à un niveau assez bas après 10 jours dans les Grenadines où nous ne nous sommes pas approvisionné car c’était très cher. Comment faire ? Nous comptions également
faire la clearence à Fort de France mais le service de navette est suspendu.
Après 2 jours à écouter RFO pour essayer de comprendre, la mère poule que je suis commence à s’inquiéter : comment va-t-elle nourrir son piou-piou de fils ? Cela dit, la boulangerie est encore
ouverte (ainsi que la pharmacie et le buraliste, ce qui nous permets d’avoir des infos) et il me reste de la farine. Je commence à monter une stratégie de prospection : je fais mon tour du petit
bourg tous les matins, en allant chercher du pain et en passant par les lieux clés tel la superette et le magasin de produits locaux Pomme Cannelle.
C’est ainsi que je découvre, le jeudi matin, qu’une dame vend des fruits et légumes non loin de la capitainerie. Bien sûr, le prix des produits a effectué un bond significatif : 3,50 euros le
kilo de tomates au lieu de 2,50 euros/kg au marché avant la grève. Sachant que la revendication première, légitime, de la grève est le prix des produits de base qui sont bien plus cher qu’en
métropole (6,50 euros/kg de tomates dans les supermarchés avant la grève !), ça fait un peu rigoler. Autre signe avant coureur de détente relative : les camions poubelles recommencent à circuler
et enlèvent les monceaux de détritus accumulés. Enfin, une file d’attente s’est constituée devant la superette et les personnes entrent au compte-goutte, sous la direction du vigile de la
superette. Je prends ma place dans la file. Après 20 minutes d’attente, j’entre enfin : le magasin a bien été approvisionné mais il y a déjà, face aux deux caisses, une file d’attente jusqu’au
mur du fond ! Me voilà prévenue… Eau en bouteille, briques de lait, laitages et boîtes de conserve sont prises d’assaut. Il n’y a pas de viande ni de surgelés cependant. Me voilà stoppée après
quelques mètres : la file d’attente s’est allongée et fait 1 fois et demie la longueur du magasin : je mettrai 1 heure à effectuer les 30 mètres d’attente, nous déplaçant 10 cm par 10 cm.
Heureusement, l’ambiance est relativement détendue, les gens sont patients et se parlent. Il n’y a qu’aux alentours de midi qu’une altercation se déclenchera aux caisses pour un problème
dépassement non signalé. Enfin, le frigo et les coffres étant un peu plus remplis à présent, mon moral remonte en flèche !
Autre souci à présent : Mélanie, la grande sœur d’Alexandre, doit arriver dimanche pour une semaine de vacances, comment la réceptionner ? Nous comptions louer une voiture mais les loueurs ne
veulent pas céder leurs voitures : ils ont peur que les gens les abandonnent sur le bord de la route une fois le réservoir vide… Comme cela fait plusieurs fois que nous venons au ponton B1 (le
plus sympa de la Martinique), Charles et Monique qui habitent là, sur leur bateau, depuis 27 ans nous proposent d’accompagner Claude à l’aéroport et de ramener Mélanie.
Toujours à ce ponton (le plus sympa de la Martinique!), nous faisons la connaissance de l’équipage d’Eos, un agréable pour ne pas dire sympathique couple originaire d’Arles avec trois enfants à
bord dont un garçon du même âge qu’Alexandre (5 ans). Enfin un copain pour Alex qui est ravi ! Nous échangeons nos expériences respectives de navigation autour de chaleureux apéro-dinatoires (ils
sont passés par Gibraltar puis transat directe depuis les Canaries). Nous échangeons aussi nos infos de la grève et c’est ainsi que nous apprenons qu’ils se sont fait mettre à la porte d’un des
restaurant du port, le dimanche midi, aux cris de « dehors les nantis » : un groupe de jeunes gens a, en effet, fait irruption, obligeant les clients à partir et le restaurant à fermer.
Lundi 16 février : la rotation des navettes maritimes assurant la liaison avec Fort de France reprends avec un service minimum. Nous sautons sur l’occasion pour aller faire la clearance à la
capitale. En effet, nous aurions dû effectuer nos formalités de douanes depuis presque une semaine. L’équipage d’éos nous accompagne car ils sont en manque de couches pour la petite dernière de
16 mois (ils envisageaient même d’aller se ravitailler sur l’île de Ste Lucie, comme certains voiliers de coin).
A Fort de France, nous réussisons à effectuer la clearance et même à nous ravitailler au champion du centre-ville, où nous retrouvons l’équipage d’éos. L’entrée dans le supermarché se fait au
compte-goutte et presque en catimini, les vigiles ayant peur que les manifestants arrivent tout de go pour faire fermer le magasin. A l’intérieur, le gérant nous presse de faire nos courses et de
rejoindre les caisses sans tarder ! Passé ce moment de folie digne de scènes de l’ancienne URSS, nous nous retrouvons tous autour d’une bonne crêpe dans un estaminet non fermé. Plus tard, au parc
(car il faut bien attendre l’heure de la seule navette de retour), nous verrons passer la manifestation du jour, menée au pas de charge par des tambours et les chants d’une centaine de
manifestants.
Nous partons les jours suivant aux Anses d’Arlet afin de montrer les poissons exotiques à Mélanie. Quelle joie de s’aérer la tête et de plonger parmi ces poissons peu farouches ! Malgré le
déversement quotidien des touristes des catamarans de location, les poissons les plus divers et les plus colorés (ainsi que d'autres animaux) sont là :
tortues vertes, étoiles de mer à dessins jaunes, calamars graciles aux reflets irrisés roses et verts et aux gros yeux, poulpe fébrile et timide, Balaou au long rostre et qui nagent juste
sous la surface de la mer, poissons Ange (noirs à fines rayures jaunes fluo), poissons Sergent Major, anguilles (ça ressemble à un serpent à rayures !), poissons Chirurgiens (adultes bleus et
juvéniles jaunes pétard), monbins rouges, raie torpille, Baliste Cabrit, Girelle tête bleue, petite murène, poisson trompette qui nagent la tête en bas, Gorette jaune, magnifiques poissons
perroquets tricolores, petites Demoiselles queue jaune ayant un sens de la propriété très développé, Barbarins et top de chez top, je réussi à voir un adorable petit poisson-coffre Zinga et deux
énormes Diodons de roche dont la grosse tête placide est tout de même un peu inquiétante ! Ils évoluent autour de gros rochers recouverts de corail cerveaux et d'éponges de mer rouges ou
jaunes.
De retour au port de 3 Ilets, nous réussissons, avec l’équipage d’Eos, à louer enfin une voiture en prévision de ramener nos adolescentes respectives à l’aéroport. Nous en profitons également
pour montrer la belle plage des Salines à Mélanie, non loin du Marin, et retrouver d’autres membres de la famille qui ont loués pour deux semaines à Cap Chevalier.
En cette quatrième semaine de grève, la situation évolue peu : les stations services ouvrent sous la garde des gendarmes et il y a 1 heure et demi d’attente en plein cagnard (vécu par l’équipage
d’Eos, avec petites bouteilles d’eau vendues 2 euros aux automobilistes), les grands supermarchés restent fermés (avec accès barré par une carcasse de voiture et des piles de pneus comme nous
l’avons vu au Marin). Notre superette du port ouvre jusqu’à épuisement des stocks puis ferme totalement jusqu’au prochain ravitaillement, la réouverture donnant lieu à nouveau à des queues et des
entrées au compte-goutte…
Mais le temps passe vite et peut être est-il temps pour nous d’aller visiter les îles au nord de la Guadeloupe : Dominique et les Saintes…
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